Du soccer en hiver à Montréal ? Vraiment ? (Publié le 20 février 2009)

 Du soccer, l’hiver à Montréal ? Vraiment ? La nouvelle le titrait cette semaine : 45 000 billets vendus pour le match de quart de finale de la CONCACAF au Stade Olympique. C’est tout un accomplissement. Il s’agira, lors de l’événement, de la plus grosse foule pour un match dans l’histoire de la CONCACAF. Incroyable pour un club qui était en faillite il y a quelques années. Mais ne nous imaginons pas que c’est une situation qui pourrait se reproduire a plusieurs reprises par année. Montréal est une ville d’événement, on le sait tous. Chaque année des foules géantes se massent pour le Festival de Jazz alors que la plupart ne connaissent même pas les artistes. Pareil pour la F1, à l’époque devrais-je dire. Cette fois-ci ne fais pas différence. Sérieusement, qui connaissait le Santos Laguna FC avant qu’on apprenne qu’ils allaient s’amener à Montréal ? Combien de ces 45 000 spectateurs pourront être capable de nommer le nom d’un seul joueur du club adverse? Probablement en dessous de 1%. Avouons-le, les Montréalais ne sont pas des fans de soccer, ils sont des fans de l’événement, au même titre que plusieurs des spectateurs à un match des Alouettes ne connaissent pas grand-chose à la LCF. Mais, c’est en effet une magnifique réussite l’Impact à Montréal. Un club dans une ligue de qualité plus que moyenne qui attire autant de monde et qui se comporte d’une manière aussi professionnelle mérite sa chance dans le plus haut «niveau» de soccer en Amérique. (Niveau de professionnalisme, parce qu’au niveau talent, on a bien vu que la différence entre la MLS et les USL est plutôt mince).
Le Stade Olympique lors de la Coupe du monde U-20

Le Stade Olympique lors de la Coupe du monde U-20

Toutefois, attirer autant de monde pour un match de la CONCACAF aura bien peu de poids aux yeux de Don Garber, commissaire de la MLS. Ce que veut cette ligue ce n’est pas une concession établie sur des bases solides dans un marché où le soccer réussit bien. Ce qu’elle veut, c’est les 40 millions qui viennent avec l’achat d’une équipe d’expansion. Juste le fait que le projet d’Ottawa soit considéré comme valable par la MLS le prouve bien. Le Soccer n’a jamais marché à Ottawa, ils n’ont pas de stade et le bassin de population (surtout ethnique, qui sont des maniaques de «foot», est pas mal plus petit que Montréal, mais quand même, si Eugene Melnyk arrive avec une enveloppe de 40 millions, il obtiendra la concession.

Comme les familles Saputo et Gillett ne sont pas prêtes à payer, avec raison, cette somme, le meilleur, et seul, moyen pour eux d’obtenir une concession à Montréal sera d’acheter une équipe en difficulté et de la déménager à Montréal. Avec la crise économique et la faiblesse de certains marchés dans la MLS, il se pourrait que cette option s’avère beaucoup plus simple et moins coûteuse que de discuter avec Garber pour obtenir une expansion.

Le match

Vivement le 25 février. Ce sera plus qu’intéressant de voir 50 000 personnes dans le Stade Olympique pour un match de soccer d’une équipe locale. Ça ne s’est pas vu depuis l’époque du Manic de Montréal dans les années 80. Toutefois, espérons que le match ait lieu, la Régie des installations olympiques permettant à un événement de se produire dans l’enceinte du Stade Olympique à condition qu’il n’y ait aucune accumulation de neige ou de glace sur le toit; qu’il n’y ait aucune accumulation de glace sur la façade de la Tour ou les câbles de suspension; et qu’aucune précipitation de neige ne soit attendue dans les 24 heures précédant l’événement. Si jamais le match devait être remis, le stade est disponible le lendemain, mais avouons qu’à un prix de 1.47 milliard, on aurait aimé que le stade résiste à l’hiver. Merci monsieur Taillibert pour cette belle construction, si utile, si belle et si apprécié des Québécois. Mais bon, nous sommes mieux de nous habitué, il serait très étonnant que la ville de Montréal et la province accepte un jour de construire un nouveau stade, plus fonctionnel, ils n’arrivent même pas à construire un nouvel aréna de 6000 places. Et comme la ville ne peut se passer d’un stade pour certains grands événements, le Big O n’est pas prêt de partir.

Bonne semaine!

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About Nicolas Ducharme

Journaliste à L'Écho de Trois-Rivières, Nicolas Ducharme détient un baccalauréat en Communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il a débuté sa carrière dans les médias sur les ondes de CFOU 89,1FM dans la région de Trois-Rivières avec l'émission Inconduite de partie. Au fil des mois, le site internet de l'Inconduite s'est ajouté, où il tient une chronique régulière. Au fil du temps, il a couvert les activités de la LHJMQ, du sport universitaire et de la course automobile, NASCAR et terre battue.