
La grande nouvelle a fait sourire tout le monde à Montréal
Enfin, c’est fait. Après tant d’années de tractations derrière les rideaux, l’Impact de Montréal, ou le Montréal Impact F.C. comme on devra probablement l’appeler, joindra les rangs de la meilleure ligue de Soccer en Amérique du Nord, la Major League Soccer. C’est une excellente nouvelle pour la ronflante ville de Montréal et pour le développement du sport au Québec.
Mais je m’interroge à savoir si l’Impact peut survivre en MLS.
Je m’explique. Présentement, l’équipe attire d’excellentes foules en USSF, les meilleures de la ligue. Chaque match, entre 11000 et 13 000 personnes s’entassent dans le Stade Saputo grâce à deux choses : des billets à prix modiques et un marketing de qualité envers les familles, question d’attirer un maximum d’enfants aux matchs.
Si la recette a du succès en USSF, je ne suis pas certain qu’elle fonctionnera en MLS, où la masse salariale du Montréal F.C. doublera, voir triplera, en l’espace d’un an. Le prix des billets n’aura d’autre choix que suivre. Les familles suivront-elles? L’Impact, ce n’est pas le Canadien de Montréal et la LNH, où la majorité des Québécois connaissent la ligue et ses joueurs vedettes. J’estime à 97% le pourcentage de québécois incapable de nommer un joueur de la MLS, outre que David Beckham. Posh Spice n’est pas une réponse valide ici.

Les rangs des Ultras de Montréal devront grandir pour espérer se faire entendre dans un stade de 20 000 personnes.
À Toronto, la folie TFC s’est emparée de la ville dès la création de l’équipe. La différence, c’est que le public cible du Toronto FC n’est pas les jeunes familles, ce sont les passionnés de soccer, dont beaucoup d’immigrants qui ne voulaient rien d’autre que le meilleur de ce que le «foot» nord-américain pouvait leur apporter. Montréal a ses Ultras, ces spectateurs assis derrière le filet qui ont un comportement digne du soccer européen. Malheureusement, ils sont bien peu, surtout en comparaison à ceux de Toronto qui sont agressifs et bruyants. Bref, dans la Ville reine, la jeune famille est mieux de se trainer des bouchons parce qu’une ambiance européenne règne.
Pour atteindre la rentabilité, le clan Saputo devra faire toute une campagne de marketing pour faire comprendre aux gens que le saut en MLS représente une hausse très considérable du calibre de jeu, et inévitablement, une hausse considérable du prix du billet. L’ombre au tableau : la méconnaissance du soccer du Québécois moyen qui ne verra pas la différence entre la MLS et l’USSF. Si la campagne de marketing de l’Impact ne réussit pas à faire son travail, il sera difficile d’atteindre la rentabilité.
Toutefois, j’espère voir un phénomène semblable à Toronto où la population ethnique, qui n’appuyait pas vraiment les Lynx (l’équipe de la ville reine qui compétitionnait avec l’Impact il y a quelques années) s’est rangé derrière le Toronto FC, grâce à l’augmentation de calibre et la construction d’un nouveau stade.
If you build it, they will come.

Avec 7000 places et 30 loges supplémentaires, le Stade Saputo aura une toute autre allure dans deux ans.
Pour citer Bob dans les Boys : « les Américains ont une expression que j’aime bien » If you build it, they will come, qui se traduirait par : si vous le bâtissez, ils viendront. L’expression se prête très bien à l’Impact, la famille Saputo n’ayant pas hésité à débourser 17 millions pour bâtir le Stade Saputo, quitte à ne mettre que 13 000 places, pour impressionner les bonzes de la Major Soccer League. L’investissement est payant aujourd’hui alors que la ligue a reconnu la volonté des propriétaires d’avoir une concession en MLS.
Le gouvernement du Québec investira donc 23 millions pour faire passer le stade de 13 000 à 20 000 places et ajouter 30 loges, ce qui est plus qu’essentiel pour la survie financière de l’équipe. Un investissement de qualité de la part du gouvernement ici, la famille Saputo ayant fait plus que sa part pour promouvoir le soccer et l’activité physique.
C’est une leçon que devra apprendre la ville de Québec. Quinze ans après le départ des Nordiques pour le Colorado, la ville, qui désire ardemment le retour d’une équipe de la LNH, ne s’est toujours pas dotée d’un aréna digne du XXIe siècle.


Je suis content qu’un sport comme le soccer prenne de plus en plus de place dans une ville comme Montréal. Il était tant d’avoir d’autres sports majeurs que le Canadien. Je ne crois pas que la NFL va atterir un jour ici à cause de plusieurs raisons mais bon la MLS c’est quand même le mieux qu’on peut assister ici en Amérique du Nord. Je risque même d’aller essayer de voir un match à condition d’être avec les dits “ultrafans”. Pas question d’aller dans la section familiale pour moi.
Là où j’ai un problème est que le gouvernement n’a jamais hésité une seconde à mettre de l’argent dans le soccer et dans cette concession qui coutera plusieurs millions avec un stade pratiquement neuf. Ils n’ont jamais donné une cenne pour garder nos Expos ici et je pense que le baseball reste toujours plus populaire pour les Québécois que le soccer. Pour la génération pré-90 entoucas.
Excellent article !
Dois-je te rappeller qui a assumer la facture totale du stade des Expos ? Ça ne devait pas coûter une fortune au club jouer au Stade Olympique.
Je vois souvent beaucoup de sièges vides dans les matchs de soccer à Toronto. Les cotes d’écoutes sont aussi assez décevantes par moment. On me dit que l’Impact n’arrive pas à ventre tous les billets de son petit stade. Il y une baisse importante dans ce domaine ainsi que les cote d’écoutes me dit-on.
Je viens de juste de découvrir cet article.
Il ne faut pas oublier que Toronto n’attirait que 2000 personnes (4 à 5 fois moins que l’impact) à l’époque où elle jouait dans la même ligue que l’impact. Le Toronto Ultras étaient aussi beaucoup moins nombreux que le sont les Ultras Montréal en ce moment. Il est donc faux de dire que Toronto était plus disposée que Montréal à recevoir un club.
Touterfois, omme tu l’as dit, il faudra attirer un nouveau type de public pour bien réussir.
Il faut dire que le Lynx de Toronto jouait dans un stade en banlieu de Toronto et n’intéressaient personne. Le club ne se voyait pas comme un club professionnel, contrairement à l’Impact qui a une bonne structure depuis plusieurs années.