Dans une lettre adressée au maire de la ville de Hamilton, le propriétaire des Tiger-Cats, Bob Young, prévient qu’il se retire du projet de construction d’un nouveau stade dans la capitale ontarienne de l’acier. Ce nouveau stade serait bâti en vue des Jeux panaméricains de 2015 qui se tiendront à Toronto et sa région environnante. Le projet tire en longueur et Young en a plein son casque. De plus, la ville et Young ne s’entendent pas sur l’endroit où sera bâti le stade.

Construit en 1930, le Ivor Wynne Stadium sera remplacé par un nouveau stade pour les Jeux panaméricains de 2015.
Young se retire ainsi du projet, emportant les 15 millions qu’il avait promis pour la construction du stade et les 59 millions supplémentaires si l’équipe obtenait la permission de gérer le futur domicile des Tiger-Cats. Et bien sûr, il n’est aucunement question de continuer à évoluer à l’Ivor Wynne Stadium, qui en est à sa 80e année d’existence et qui ne répond plus du tout aux besoins d’une équipe de football professionnel. Une fois le bail terminé avec la ville en 2011, Bob Young déménagera son équipe ailleurs.
La nouvelle surprenante dans toute cette affaire est qu’un conseiller de la ville, Sam Merula, affirme que l’équipe a déjà une entente avec la ville de Québec pour y déménager la concession. Québec verserait 17 millions pour voir les Cats déménager leurs pénates dans la ville de Champlain.
Mon humble avis sur la question : ce n’est qu’un gros bluff. Analysons les possibilités qui s’offrent pour les Tiger-Cats.
Québec
Il y a bien peu d’intérêt pour la LCF dans la ville. Quand on y parle de football professionnel, c’est la NFL dont il est question. Les Québécois ne sont pas enchantés par le football à trois essais. Le Rouge et or récolte un très grand succès dans la capitale, mais c’est grâce à deux choses : des billets à faible prix et les étudiants qui se présentent match après match aux guichets. Ce sont deux choses que les «Tigres-Chats» ne sont pas en mesure de se permettre.

Le Rouge et or est très populaire à Québec, ce qui fait que bien peu de gens parle du football de la Ligue Canadienne dans la ville.
De plus, la ville ne dispose aucunement d’installations capables d’accueillir la LCF. Avec ses 13 000 sièges, le stade du PEPS est bien trop petit. En plus, il ne dispose d’aucunes facilités en ce qui à trait aux journalistes et concessions alimentaires. Le rénover et l’agrandir coûterait probablement le prix d’un tout nouveau stade bâti en dehors de la ville. Et je doute fortement que l’Université Laval ait envie de laisser de la place à la LCF et ainsi voir le Rouge et or évoluer dans un stade beaucoup trop grand. Sans stade, aucune chance de voir les Cats évoluer à Québec en 2012.
La ville de Québec a d’ailleurs démenti la rumeur aujourd’hui affirmant qu’elle n’avait aucune entente avec Bob Young. Arrêtons de rêver, la LCF à Québec n’est pas pour demain.
Ottawa
Bien que la ville d’Ottawa se soit engagée à entièrement rénover le Stade Frank Clair situé au Lansdowne Park, je doute fortement que les citoyens aient envie de voir leurs anciens rivaux de Hamilton débarquer en ville. De toute façon, une fois le stade construit, il sera facile et rapide pour le Ottawa Sports and Entertainment Group (le partenaire de la ville dans cette construction) d’obtenir une équipe d’expansion de la Ligue Canadienne de Football. Si on me donne le choix d’obtenir une toute nouvelle identité pour mon équipe ou obtenir celle d’une autre ville, le choix est simple.
Halifax
La ville serait probablement en mesure d’accueillir une franchise de la LCF, mais, tout comme Québec, elle ne dispose pas d’installations capables de le faire. Il y a longtemps que le nom de Halifax résonne dans les couloirs de la LCF, mais la construction d’un stade décent se fait toujours attendre. Dommage, elle risque de manquer le bateau.
Moncton
La ville de Moncton et son Université se sont doté d'un beau petit stade. Les Ti-Cats pourraient-ils y faire leurs frais?
Petite ville du Nouveau-Brunswick, Moncton accueillera un match entre les Argonauts et les Eskimos le 26 septembre prochain. Le stade situé sur le campus de l’Université de Moncton a été complété ce printemps et peut asseoir 10 000 personnes en permanence, pour un total de 20 000 personnes grâce à des gradins temporaires. L’option est intéressante, mais Moncton reste une petite ville en comparaison de Hamilton et des autres cités de la LCF. Si Bob Young peinait à rejoindre les deux bouts en Ontario, comment espère-t-il le faire à Moncton ? Encore une fois l’option n’est pas viable.
Quatre villes, aucune ne pouvant accueillir les Tiger-Cats dans l’immédiat. Bob Young a quand même décidé de lancer les dés et d’effrayer les instances politiques locales pour obtenir gain de cause dans son combat contre une administration qui penche vers l’option du stade au centre-ville. C’est un beau bluff, et le jeu en vaut la chandelle. Il serait dommage de voir déménager une équipe qui, en remontant l’histoire, existe depuis 1869.


Pourquoi ne pas se montrer positif et ne pas essayer?
Au moins 15 avantages pour la LCF à Québec
1- De 8,300 joueurs en 1993, le nombre a dépassé les 27,000 en 2008 ! De plus, pratiquement toutes les écoles de la région ont leur équipe.
2- Québec est maintenant une pépinière pour la LCF.
3- L’étude du marché très favorable à **72%**
4- La rivalité Québec-Montréal soulèvera les passions.
5- La création d’emplois (joueurs, entraîneurs, personnel). Plus chances d’emplois pour les ex du Rouge et Or.
6- Publicité gratuite pour la ville de Québec. L’exposition dans le reste du Canada et aux Etats-Unis.
7- Les cotes d’écoutes. 1 215,000 personnes ont vu le match de la 96ième Coupe Grey sur les ondes d’RDS (un record).
8- La LCF note une très forte augmentation de l’intérêt de la ligue chez les jeunes adultes.
9- Au moins deux groupes d’investisseurs connus.
10- La ville de Québec a besoin d’infrastructures en vue de possibles jeux Olympiques d’hiver. Le stade pourrait tout aussi bien être utilisé pour d’autres évènements sportifs et culturels.
11- Les amateurs de football pourront voir plus de 4 matchs de football. Alors qu’il y a rien en été, les amateurs pourraient voir du football dès juin un match préparatoire, plus 9 matchs de la LCF. Non incluses, les séries éliminatoires.
12- Le basin de la population ainsi que le niveau de vie permet facilement la venue d’une équipe de football professionnelle.
13- La possibilité de suivre la carrière d’ex du Rouge & Or au niveau professionnel.
14- Les nombreuses retombées économiques.
15- Un stade de 25,000 sièges serait rentable.
Qu’est-ce que la ville de Québec a à perdre?
- C’est simple, rien! (Puisque de toute façon pour d’éventuels jeux d’hiver, il faut un stade)