Le Stade olympique: comme un film d'ados.

Ah le Stade olympique de Montréal, ce grand mal-aimé. Il est né à la mauvaise époque, quand les stades avaient tous un design similaire : le moule à biscuits. Partout à travers l’Amérique, ils poussaient, que ce soit à Pittsburgh, St-Louis, San Francisco, Minneapolis ou Atlanta. On trouvait ingénieux, à la base, de pouvoir utiliser la même infrastructure pour le baseball, le football, le soccer et autres sports. À Montréal, pour faire différent, on y est allé d’une architecture fantastique… mais oh combien fragile. Malheureusement, une fois les millions dépensés, on se rendait compte que l’amphithéâtre rendait l’appréciation d’un match difficile. Froid, silencieux, humide, ce sont des qualificatifs qui ont été donnés au Stade olympique. Bref, les Québécois le trouvent laid et lui témoignent très peu d’amour.

Elle a tout pour elle

Dans le film Elle a tout pour elle, Freddie Prinze Jr. transforme une fille d'allure moyenne en véritable beauté. Serait-ce possible avec le stade?

Le stade est un peu comme un film d’ados. Prenons l’exemple du film Elle a tout pour elle, un classique en son genre avec Freddie Prinze Jr et Rachael Leigh Cook. Dans ce film, Zack, interprété par Prinze Jr., prend un pari avec un de ses amis qu’il peut transformer Laney, une fille plutôt moche, en reine du bal. S’en suit ensuite de multiples péripéties et enfin le grand moment où la moche décide, pour l’instant d’une soirée, de s’habiller de façon quelque peu sexy et surtout, surtout, de retirer ses lunettes. On découvre alors que Laney est une magnifique fille qui mérite toute l’admiration du monde. Et bien sûr, Zack tombe en amour. Mais pour remporter son pari, l’ami de Zack révèle le secret du pari à Laney qui rejette Zack, en furie par la suite. Mais comme dans tout bon film d’ado, Zack réussi à reconquérir le cœur de Laney. Ils finirent heureux et eurent plusieurs enfants, avant de s’entre-déchirer dans un divorce houleux… j’imagine.

Pourquoi toute cette histoire? Parce que le Stade olympique, c’est un peu comme Laney. Il n’est pas beau, mais on sait que si on lui retire ses lunettes, quelque chose de bien peut s’y cacher. La toiture du Big O représente ses lunettes.

Toile Stade Olympique

Voir le ciel de Montréal dans le Stade olympique est quelque chose que si peu de Québécois ont pu admirer.

Cette toile déchire les Québécois depuis plusieurs années, en plus de déchirer elle-même. Lorsqu’elle s’ouvrait, le stade devenait une belle jeune fille, sexy comme tout et qui donne envie de la connaître. Mais depuis que le ciel n’est plus visible, le Big O a remis ses lunettes. Il y a quelques années, le gouvernement lançait un appel d’offres pour la construction d’un toit permanent, l’équivalent d’un deux pour un sur les montures pour le stade. La firme SNC-Lavalin a remporté l’appel d’offres avec un projet de toit fixe. On allait enfermer la belle jeune fille à jamais dans son sous-sol.

Stade olympique toiture

La firme Dessau propose un toit rétractable pour le Stade olympique, idée qui a forcé le gouvernement lancer un nouvel appel d'offres.

Mais voilà qu’un Zack se pointe à l’horizon. En effet, la firme Dessau propose la construction d’un toit rétractable qui permettrait au stade de retrouver ses airs de jeunesse. Comme dans le film, Dessau offre la chance au stade de retirer ses lunettes et d’émerveiller les gens. Après mure réflexion, le gouvernement provincial a ordonné un nouvel appel d’offres pour un toit rétractable, malgré l’opposition de l’Action démocratique du Québec.

Voilà une décision plus qu’appréciable. D’une manière ou d’une autre, le toit doit être remplacé, alors pourquoi ne pas arriver avec un système qui en permettrait l’ouverture? Selon l’article de La Presse, la solution mise de l’avant par Dessau serait moins coûteuse que celle incluant un toit permanent. J’ai mes doutes, particulièrement au niveau des éternels dépassements monétaires qui polluent la fonction publique québécoise, mais la chandelle en vaut le coût.

Pourquoi ne pas tout mettre à terre?

Plusieurs personnes suggèrent de démolir le Big O et de construire on ne sait quoi dessus, ou encore de le transformer en hôpital. Ce serait tout un gaspillage que de faire un tel geste, surtout au prix qu’a coûté l’infrastructure.

Stade olympique

Avouez qu'il est beau le stade.

Symboliquement, le Stade olympique est la carte de visite de Montréal. Sa tour inclinée demeure une merveille architecturale et elle représente la ville de Montréal à travers la planète. C’est bien beau l’orchestre symphonique, le Festival de jazz ou encore l’Orange Julep, mais ça n’a rien à voir avec notre monument de béton.

Le Québec, peu importe le parti politique qui le dirige, s’est donné comme mission de protéger la culture québécoise. Il est donc important de protéger son plus grand symbole à travers la planète, en compagnie du Grand Prix du Canada. Intéressant de voir que le gouvernement Charest a été forcé de sauvegarder ces deux emblèmes dans les dernières années. Si, chaque année, des millions de dollars sont investis dans les différents domaines culturels et artistiques qui ne s’illustrent qu’au Québec, il serait logique d’investir dans quelque chose qui expose la belle province ailleurs sur la planète.

Encore, s’il fallait démolir le stade, Montréal serait la seule ville majeure d’Amérique du Nord à ne pas abriter un stade de plus de 40 000 places. Une honte pour une ville qui, depuis les années 70, dépérit à vue d’œil.

Une rénovation complète

Le stade a besoin d’une rénovation entière. Soyons réalistes, plus jamais il n’y aura de baseball dans cette enceinte, alors pourquoi ne pas modifier les estrades pour en faire un terrain de football et soccer permanent. Il suffirait de modifier l’emplacement de quelques sièges pour lui donner une forme carrée. Les parties disputées dans le Big O seraient tellement plus intéressantes si la configuration permettait d’être rapproché de l’action. L’Impact et les Alouettes pourraient ainsi jouer leurs rencontres cruciales devant 55 000 spectateurs. Quand il est rempli, le stade se transforme en un endroit très intimidant pour l’équipe adverse.

À long terme, l’écran géant pourrait être remplacé par quelque chose digne du XXIe siècle, mais on repassera.

Mais le plus important serait de donner au stade un look externe totalement différent, le sortir de son antre de béton et d’y mettre de la verdure. Pourquoi ne pas transformer le tout en grand parc urbain, un endroit où les Montréalais iraient y passer leurs après-midi, avec quelques sentiers qui mènent au stade? À une époque où on tente par tous les moyens d’aménager des endroits verts, le Parc olympique pourrait servir d’exemple pour la planète entière.

En espérant que certains feront preuve de vision dans un futur rapproché.

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About Nicolas Ducharme

Journaliste à L'Écho de Trois-Rivières, Nicolas Ducharme détient un baccalauréat en Communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il a débuté sa carrière dans les médias sur les ondes de CFOU 89,1FM dans la région de Trois-Rivières avec l'émission Inconduite de partie. Au fil des mois, le site internet de l'Inconduite s'est ajouté, où il tient une chronique régulière. Au fil du temps, il a couvert les activités de la LHJMQ, du sport universitaire et de la course automobile, NASCAR et terre battue.