Québec peut oublier les Olympiques

La Fédération internationale de ski(FIS) a tranché il y a quelques semaines : le tracé proposé par Québec au Massif pour accueillir les épreuves de ski lors de futurs Olympiques a...

La Fédération internationale de ski(FIS) a tranché il y a quelques semaines : le tracé proposé par Québec au Massif pour accueillir les épreuves de ski lors de futurs Olympiques a été refusé. La montagne n’est tout simplement pas un défi acceptable pour les skieurs internationaux.

La piste proposée au Massif n'est pas assez exigeante pour les skieurs d'élite mondiale.

Ce refus est le clou qui vient fermer le cercueil dans l’espoir de la ville de Québec de recevoir les Jeux olympiques. Les options de remplacements qui s’offrent à la capitale québécoise ne seront pas, à mon avis, acceptables pour le Comité International Olympique.

Les défendeurs d’une candidature olympique ont proposé trois solutions de rechange que voici. Premièrement, certains voudraient développer une piste dans les Monts Chics Chocs situés en Gaspésie. Situé à 7 h 12 de Québec (selon le toujours fiable Google Maps), la réserve faunique des Chics Chocs se trouve beaucoup trop loin de Québec pour y présenter l’épreuve reine des Olympiques. Il faudrait aussi y aménager tout un centre de ski, avec les coûts exorbitants reliés à une telle mise en place. De plus, en cette époque où l’environnement est une des priorités de tout dirigeant, construire une telle piste dans une réserve faunique sera mal vu de la part du Comité olympique, surtout que la rentabilité de cette station laisse de grands doutes dans mon esprit. On peut donc oublier les Chics Chocs.

Une autre option mise de l’avant est d’utiliser les installations déjà existantes dans l’Ouest canadien pour les épreuves de ski. Par exemple, Whistler, qui a accueilli les épreuves de ski en 2010, pourrait être encore utilisé. Cette option est encore plus farfelue que celle des Chics Chocs. Les touristes trouvaient que se rendre à Whistler de Vancouver était loin, imaginez alors traverser le Canada en entier pour se rendre en Colombie-Britannique. La magie olympique n’opèrerait tout simplement pas et il n’y a donc aucune chance que le Comité International Olympique accorde les Jeux à une telle candidature.

Les montagne Whiteface avait accueilli les épreuves de ski lors des Olympiques de 1980 à Lake Placid.

La troisième option me semble comme la plus intéressante. Il s’agirait d’utiliser la montagne Whiteface, située à Lake Placid aux États-Unis, pour les épreuves de ski. Lake Placid a reçu les Jeux en 1980 et plusieurs des installations sont encore utilisées aujourd’hui. La ville américaine est située à 4h51 de Québec (toujours selon le magnifique Google Maps), mais à seulement deux heures de Montréal, ce qui rend la destination beaucoup plus intéressante pour les Montréalais voulant assister à des épreuves olympiques. D’ailleurs, la piste de bobsleigh de l’endroit a été entièrement rénovée en 2000 et pourrait être utilisée si l’on veut économiser sur les coûts au nord de la frontière. Reste à voir si la petite municipalité est encore capable et intéressée à accueillir des épreuves olympiques. Pour avoir visité Lake Placid il y a quelques années, je peux vous confirmer que l’endroit est aussi peuplé que Louiseville sur la Rive-Nord du St-Laurent ou encore Marieville sur la Rive-Sud. Pas très gros pour loger autant de gens.

Malheureusement, cette option ne semble pas enchanter les décideurs de la Ville de Québec. En effet, une telle candidature incluant deux villes et deux pays voudrait dire que ce ne serait plus les Jeux olympiques de Québec, mais bien les Jeux olympiques de Québec et Lake Placid. Il faudrait aussi un excellent coup de marketing pour vendre une telle candidature au Comité International Olympique. Québec pourrait jouer sur la corde environnementale pour obtenir quelques votes supplémentaires, en mettant de l’avant le fait que cette candidature est verte parce qu’elle réutilise des installations existantes, mais le succès d’une telle entreprise est loin d’être assuré.

Régis Labeaume devra se tourner vers d'autres projets que les Olympiques, comme la recherche de financement pour la construction d'un nouveau Colisée. (Photo: Yann Doublet Le Soleil)

Donc, face à ces trois options impossibles, que reste-t-il à Québec? Pas grand-chose. À moins d’un revirement de situation, il sera impossible d’accueillir les Jeux olympiques dans l’Est canadien. Québec peut faire une croix sur la classique hivernale, jamais elle n’obtiendra les votes nécessaires de la part des membres d’une organisation conservatrice comme le Comité olympique.

Québec peut se rabattre sur d’autres événements, le maire Labeaume a fait un travail impeccable dans le domaine lors des dernières années, mais pour ce qui est des Olympiques, un X devra être tracé sur le projet, malheureusement.

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About Nicolas Ducharme

Journaliste à L'Écho de Trois-Rivières, Nicolas Ducharme détient un baccalauréat en Communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il a débuté sa carrière dans les médias sur les ondes de CFOU 89,1FM dans la région de Trois-Rivières avec l'émission Inconduite de partie. Au fil des mois, le site internet de l'Inconduite s'est ajouté, où il tient une chronique régulière. Au fil du temps, il a couvert les activités de la LHJMQ, du sport universitaire et de la course automobile, NASCAR et terre battue.