Le jour où un joueur va mourir sur la patinoire

Le 8 mars dernier, j’étais à mon boulot, de soir.  J’écoutais donc le match « revanche » à la radio. La partie qui mettait en opposition les Canadiens contre les méchants...

Le 8 mars dernier, j’étais à mon boulot, de soir.  J’écoutais donc le match « revanche » à la radio. La partie qui mettait en opposition les Canadiens contre les méchants Bruins, ceux-là même qui les avaient passés dans le tordeur il y a de cela un peu moins d’un mois.  Plus tôt en journée sur les lignes ouvertes c’était la folie.  Plusieurs partisans de Boston narguaient les pauvres petits picosseux de Montréal qui ne font jamais face à la musique.  Les fa-fans finis, eux, rétorquaient que leur équipe a battu celle des Bruins 3 fois sur 4 cette saison. Ça promettait.

La rondelle est tombée peu de temps après la remise de la Coupe Molson à Carey Price, pour une troisième fois cette saison.

Après une période, les joueurs du Canadien étaient parfaits. C’est ce que Dany Dubé nous laissait croire, à nous, les malchanceux qui doivent se priver de ces matchs en semaine.  La deuxième période allait aussi bon train jusqu’à ce que l’ancien des Islanders décide que le quatrième but serait le sien. C’est ici que tout a basculé. Un but de moins et les Bruins y auraient encore cru. Trop peu trop tard.  Il aura fallu que Chara décide de mettre son jugement en veilleuse. L’irréparable.

Qu'attend la LNH pour sévir contre les coups vicieux? Qu'un joueur y laisse sa peau?

Le geste de Chara, pratiquement approuvé par le réputé Bob Mcenzie, laisse croire à une légère suspension.  Mon opinion?  Finito pour le restant de la saison et des séries éliminatoires.  C’est ce que je souhaiterais.  Et ce n’est pas mon cœur d’anti-Bruins qui parle; au début de la saison, quand Cammy a donné son coup de hache au jeune joueur des Islanders, j’étais le premier à réclamer 10 matchs de suspension pour montrer l’exemple.

Encore une fois, la ligue risque de dormir.  Une suspension de 3-4 matchs équivaudrait à un coup d’épée dans l’eau. Mais de constater qu’il ne sera pas suspendu… je n’arrive pas à y croire.

À la seconde où le joueur du Canadien a retrouvé conscience, la décision était rendue.  Un de vous va mourir.  La ligue n’attend que ça depuis des années;  elle préfère guérir plutôt que prévenir. Quand Pacioretty a ouvert la bouche pour tenter de parler aux médecins sur la glace, c’est comme s’il leur disait qu’un joueur allait mourir bientôt.  Puisque lui s’en est sorti de justesse, la ligue ne croira pas nécessaire de mettre en place des façons de fonctionner qui pourraient éviter l’inévitable.

Quand Max Pacioretty a repris son souffle, le 8 mars, après avoir été sauvagement agressé par Zdeno Chara, ce sont tous les autres joueurs de la LNH qui ont retenu le leur.  En espérant qu’ils pourront, eux aussi, marmonner l’incompréhensible quand ils se seront fait séparer la tête du reste du corps durant une journée au boulot pas comme les autres.

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About David Tétreault

Diplômé de l’Université du Québec à Montréal en communications par le biais de trois certificats, David Tétreault est un mordu de la langue française et du sport en général. L’expérience se fait rare dans le domaine, mis à part une émission de radio en 2003 sur les ondes de CHOQ.fm, la radio de l’UQAM. Il connaît davantage l’autre côté de la radio, puisque baignant dans le domaine du hiphop depuis 1997, il a souvent eu à être interviewé ou à performer en direct. Maintenant fier chroniqueur sur l’Inconduite de partie, il espère convaincre quelques lecteurs de le suivre au travers de ses futurs chroniques.