Le verdict est tombé dans le cas du geste de Zdeno Chara sur Max Pacioretty. Et il est choquant. Encore une fois, la Ligue nationale a fermé les yeux sur un grave geste pour favoriser une superstar. C’est incroyable de voir que des dirigeants d’une si grosse entreprise peuvent avoir la tête enfoncée aussi profondément dans leur vous savez quoi.

Zdeno Chara savait très bien ce qu'il faisait en guidant Max Pacioretty dans la tige de la baie vitrée.
J’ai toujours reproché à la LNH de décider de la durée de ses suspensions non pas selon le geste, mais selon le résultat du geste. Cette fois-ci, ils se sont foutus autant du geste que du résultat. La séquence a beau être sans équivoque, Mike Murphy n’a tout de même pas vu là une raison de suspendre le géant de Boston. Il n’a pas cru bon de parler à Pacioretty non plus, seulement à Chara. Bref, la décision de ne rien donner à Chara était prise avant même que le 67 du Canadien ne touche la patinoire.
Quel message cette non-suspension envoie-t-elle aux joueurs de la LNH? Arrangez-vous avec vos troubles! Si un joueur vous frappe de façon illégale, nous ne ferons pas grand-chose, particulièrement si c’est un joueur étoile. C’est à ce moment que les joueurs vont réaliser qu’ils devront se faire justice eux-mêmes. Parce que, ne soyons pas dupes, cette saga est loin d’être terminée. Quelqu’un du Canadien voudra inévitablement venger Pacioretty lors du prochain match entre les deux équipes. Mais comme Zdeno Chara est plus que difficile à atteindre et blesser, il y a de fortes chances que ce soit un autre joueur des Bruins qui écope. Patrice Bergeron a-t-il le goût de retourner au pays des limbes? Un geste du genre pourrait très bien être posé avec des conséquences tout aussi graves, parce qu’en plus d’être de plus en plus rapides, plusieurs joueurs ont de moins en moins de respect entre eux. Et lorsqu’un de ceux-ci commet un geste reprochable, il ne reçoit qu’une petite tape sur la main. On ne fait rien pour changer la donne du côté de la LNH.
Les coups sournois et violents sont de plus en plus nombreux dans l’ère post accrochage, mais ça ne semble pas déranger la ligue outre mesure. C’est incroyable de voir à quel point la LNH ne protège pas son produit, c’est-à-dire ses joueurs. Au lieu d’émettre des suspensions qui feraient réfléchir le hockeyeur fautif, ainsi que ses collègues de travail, elle préfère blâmer la configuration des patinoires, la solidité de baies vitrées ou encore les équipements protecteurs. Mais bien sûr, sans apporter des changements à ces données. Beaucoup trop de travail, j’imagine!

Même s'il a été gravement blessé par une mise en échec de derrière, Patrice Bergeron n'a pas hésité à excuser le geste de Chara.
Être un joueur de la LNH, je me sentirais comme du bétail présentement. Mon fermier se fout de moi et je ne sais jamais quand je vais passer à l’abattoir. Pacioretty est passé à l’abattoir mardi. Heureusement pour lui, il devrait rechausser les patins un jour. Un autre joueur ne sera pas aussi chanceux. Mais bon, Gary Bettman et ses ouailles s’en foutent éperdument et c’est pourquoi il y a recrudescence de la violence dans la LNH depuis deux ans. J’aime le jeu physique, j’aime une bonne bagarre, mais pas de voir un joueur inconscient sur la glace. Oui, la violence fait vendre le sport aux États-Unis, mais on devra établir une limite et assez rapidement. Si la ligue ne le fait pas, un autre groupe pourrait le faire. J’ai toujours été contre le fait de voir la justice intervenir dans les affaires d’une ligue sportive, mais à force de ne pas sévir, la LNH court après le trouble. Quand la justice sera intervenue pour la première fois, elle n’hésitera pas à le refaire. C’est un excellent moyen pour la LNH de nuire à son image encore une fois.
Sean Avery a été suspendu six matchs pour avoir insulté son ancienne flamme, maintenant avec Dion Phaneuf. Zdeno Chara n’a pas été suspendu pour avoir poussé un joueur dans la tige qui tient la baie vitrée entre les deux bancs pour le blesser gravement. Il faut croire qu’à la LNH, on préfère l’opinion de la Fédération de femmes à celle de l’Ordre des médecins.


