It’s the most wonderful time of the year chantait Andy Williams en 1963 pour souligner le temps des fêtes. Et bien les amateurs de hockey fredonnent cette chanson depuis hier soir. Les séries éliminatoires sont en branle et on ne pourrait pas mieux s’en porter.
L’affrontement entre les Bruins et le Canadien s’annonce fort en émotion. Non seulement les deux équipes se haïssent plus que Stephen Harper haït les médias, mais les événements de cette saison rajoutent au caractère spécial que revêt la confrontation.

Ils sont rarement amicaux les duels entre le Canadien et les Bruins
Du côté des Bostonnais, on tentera sans aucun doute d’intimider le Canadien. Plus forts, plus gros, plus agressifs, les Bruins ont tout ce qu’il faut pour faire sentir les joueurs du Tricolore petits dans leurs culottes. À l’opposé, la troupe de Jacques Martin voudra prouver qu’ils peuvent venger à juste manière Max Paccioretty. Ils n’avaient pas réussi à prouver grand-chose dans l’unique match contre les Bruins après la blessure du 67. Une dégelée de 7-0 qui avait laissé un goût amer dans l’esprit des partisans qui espéraient voir le Bleu-blanc-rouge offrir une performance sans reproche.
Alors, qui l’emportera? Je crois fermement que le Canadien ne pouvait espérer mieux comme adversaire en première ronde, en faisant abstraction des manchots de Pittsburgh, manchots parce qu’ils sont amputés de leurs membres importants. Les Capitals sont tellement en feu qu’ils pourraient faire du Groenland un Club Med et l’équipe qui se retrouvera dans leur chemin brulera très rapidement. Les Flyers ont le numéro du Canadien et les affronter en séries égale défaite à mon avis, alors aussi bien oublier le projet.
Reste les Bruins. Si Philly a le numéro des Montréalais, les Canadiens ont la recette pour humilier les Bruins au printemps comme le démontre leur fiche de 24 victoires contre 8 défaites face au Black and Gold. Ils le font année après année, peu importe la position de la formation au classement et j’ai l’impression que la donne ne changera pas cette saison. Après tout, le Canadien a remporté quatre des six duels entre les deux équipes cette année. Mais la tâche ne sera pas facile. Pour citer Lester Averman dans Jeu de puissance 2 en parlant de l’équipe islandaise : ils sont gros, ils sont forts, ils ont de la barbe eux !

Ils sont gros, ils sont forts, ils ont de la barbe eux.
Les clés de la victoire
Montréal se doit d’être excellent dans trois facettes du jeu si le club compte passer en deuxième ronde.
Premièrement, exploiter sa vitesse au maximum. Le Canadien devra patiner dans cette série face à une équipe moins rapide que lui. Les Bruins vont tenter de ralentir le jeu ce qui va inévitablement mener à des pénalités. Le septième avantage numérique de la ligue devrait donner de belles choses contre Tim Thomas.

Le Canadien devra trouver le moyen d'isoler et de faire perdre patience à l'ennemi numéro un à Montréal, Zdeno Chara.
Deuxièmement, il sera extrêmement important d’isoler Zdeno Chara. Le gros défenseur est le pivot des Bruins sur le jeu de puissance comme le prouvent ses 15 points cette saison dans cette facette. Sans Marc Savard, il est celui qui trouve les lignes de passe. En isolant Chara, le Canadien s’assure d’éliminer le quart-arrière et de forcer les Bruins à modifier leur plan de match. En plus, une isolation parfaite de Chara pourrait faire frustrer le grand défenseur et le porter à prendre une pénalité stupide.
Tomas Kaberle pourrait venir jouer un rôle important, mais son arrivée à Boston n’a pas donné les résultats attendus. Même si le Tchèque s’est toujours amusé à jouer les trouble-fêtes contre Montréal, je ne crois pas qu’il sera un facteur dans le résultat de la série.
Finalement, le Tricolore se devra d’inscrire le premier but s’ils espèrent remporter une rencontre. Tim Thomas est un bon gardien, mais il n’a pas le mental le plus aiguisé de la ligue et le Canadien pourrait fort bien le déstabiliser et ensuite enfiler deux autres buts rapides. Ne soyez pas étonné de voir Tuukka Rask prendre la relève au beau milieu d’une partie.
Évidemment, les Habs ne réussiront pas à accomplir ses trois tâches tous les soirs. C’est pourquoi la série sera longue, mais en bout de ligne, s’ils accomplissent les trois points précédents, le Canadien l’emportera en sept parties.
En terminant, voici un petit vidéo très cocasse sur la rivalité entre les deux clubs. Bonnes séries !


